Discours anniversaire 50 ans

Voici un discours écrit par Kandide « sur commande »

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« Christel, que dis-je, chère Christel, si tu permets que je t’appelle Christel, tu as…, tu viens d’avoir…, il y a peu encore, tu n’avais que… Pour tout dire, pendant très longtemps tu ne les as pas eus et il a suffit d’une seconde, d’une malheureuse seconde pour que…Au début, on n’a même pas idée que cela puisse exister. Si l’on finit, par ouï dire, par en connaître l’existence, de bonne foi, on n’y pense pas. Le temps passant, on se résout à faire semblant de ne pas y penser. Le moment de la bascule approchant, on se dit « Et alors ! » Et puis il y a les autres qui vous rappellent que le moment approche, que le temps se chiffrera. Les chiffres finissent par former des nombres. « Dis donc, Christel, tu as prévu quoi pour tes… » Et ils se mettent à parler de dizaines. On tombe dans le sordide, les comptes d’apothicaire. Et comme un remords, un sentiment de culpabilité, ils ajoutent que c’est une question d’état d’esprit, que ça se passe dans la tête. Et chaque matin, c’est toi dont la tête est face au miroir de la salle de bain. Tu prends un peu de recul, quart de tour à gauche, même mouvement sur la droite. Même pas peur, tu t’approches de ton reflet. Mais passées les premières secondes de surprise, et si l’on fait abstraction des marques de l’oreiller, tu te dis que ma foi, temps et outrages, qui pour certains forment un couple inséparable, ne se sont, pour ce qui te concerne, jamais mariés.. Paradoxalement, plus le moment de la bascule se rapproche, plus tu aimerais que le temps s’accélère, qu’on en termine avec ce temps qui n’en finit pas de passer. Et puis quoi, le temps est une invention humaine, et contrairement à ce que l’on croit, il n’y a pas de temps pour tout, notre vie n’est pas une addition de temps. Notre vie c’est nous.

Malgré tout, tu nous as demandé de prendre le temps de passer la journée ici, à Saint Aubin, face à la mer. Quel est l’objet de cette invitation ? Je dois t’avouer que lorsque j’ai pris connaissance de cette invitation, je n’ai pas fait le lien si ce n’est celui qui nous unit. En revanche, cela a fait instantanément tilt dans l’esprit de certains. Je reviendrai plus tard sur le prétexte à l’origine de cette journée.

Christel, puisqu’il s’agit manifestement de toi, je dois t’avouer que j’ai hésité à écrire ce mot. Et là, tu me demandes « Pourquoi Thierry as-tu donc hésité à écrire ce mot ? » Avant de me lancer dans la rédaction, je me suis posé la question suivante « Christel, qui es-tu ? » Je n’ai pas trouvé la réponse. J’ai donc décidé de me pencher sur ton passé afin d’en extraire les faits marquants. Le premier d’entre eux fut ta naissance qui eut lieu en son temps. Je passerai rapidement sur tes premières années si ce n’est qu’elles furent marquées du sceau, de ce seau vert, parfait complément cotte verte estampillée Sanders, qui servait à nourrir les cochons. C’est de cette époque que date, si j’en crois ta mère, ta méfiance à l’égard des hommes, surtout ceux porteur d’un seau. En ayant assez de Croixmare, tu vas rejoindre la capitale régionale où tu intégreras l’institution Rey qui sera ton partage des eaux. Tu rencontres Agnès qui sera en quelque sorte le trait d’union entre le cochon de Croixmare et le mouton du Mesnil Guilbert. De la laine à Alain, il n’est qu’une question de lettres, qui deviendront l’être aimé, l’être tendre et non à tondre. Peut-être au début ne croiras-tu qu’au jour qui naît mais ce ne fut pas « Love in vain ». Après avoir rapidement renoncé à jouer au docteur ce dont, si je puis me permettre l’expression, Alain s’ouvrit à moi pour me faire part de sa déception de ne pouvoir bénéficier d’un examen de la prostate à domicile, tu te lanças à corps perdu, pas pour tout le monde, dans la carrière bancaire. Montrant la voie à Goldman Sachs et autre Lehman Brothers, tu vas, prévoyant 20 ans avant tout le monde la crise des subprime, te retirer du monde de la finance non sans avoir bénéficié des fruits d’investissements à rebondissement dans l’hévéa dont on extrait le latex qui entre dans la fabrication des gants habituellement utilisés pour l’examen de la prostate, fondement de la prévention. A ce propos, concomitamment, autant que faire ce peut et toute chose égale par ailleurs, après une étroite installation rue Potard, un changement notable de standing te propulsera rue Steiner. Mais pourquoi « à ce propos », me demanderez-vous, pourquoi lier le latex à usage rectal et cette nouvelle adresse ? C’est qu’à peine installés, observant la deuxième chambre, traditionnellement dédiée au premier enfant, vous constaterez qu’il manque Jules dans un coin.

S’il est permis aujourd’hui d’en sourire, je me souviens des hésitations du destin.

Puis, reconvertie dans la boîte à tout faire mais en aluminium et, de fait, renonçant à te faire une ligne matin et soir et abandonnant tes copines encore accro, tu vas continuer ton chemin qui te mènera, tout le monde s’en souvient, rue de la Madeleine, dans une demeure qui deviendra de bon goût et ce d’autant plus qu’y apparaîtra notre petite boulotte Marie qui, comme vous pouvez le constater, deviendra pleine de grâce. Pourtant, avec Jules, prédestiné à être tonton et Marie ceinte de sa future aura, tu exprimeras le souhait d’une trinité. Mais à défaut de donner une sœur à Marie, son nouveau frère se prénommera Louis Nicolas, ses initiales lui donnant une touche de féminité. Ensuite toi et les tiens rejoindrez le saint des saints.

Bien sûr, je n’ai pas répondu à la question qui vous l’aurez comprise est idiote. Nous pourrions dire que chacun de nous a sa Christel et que pour ce qui me concerne je la garde pour moi. Alors tout ça pour ça. Je vous ai fait perdre votre temps. Mais quel temps ? Celui que nous prenons pour être ici pour fêter un temps qui a passé. Sait-on vraiment depuis quand il passe ? Passe-t-il vraiment? Osant se confier à moi, Alain, être pétri d’une enivrante sensibilité, me glissa à l’oreille, la gauche, qu’avec toi Christel, chaque matin se levait l’aube d’un premier jour.

Nous te souhaitons une belle et joyeuse journée. »

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